Le but de la forme humaine

              

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Une conférence de Sa Divine Grâce A.C Bhaktivedanta Swami Prabhupada donnée à Laguna Beach, Californie, le 30 septembre 1972.

Mesdames et Messieurs, merci beaucoup d’être venu prendre part au Mouvement pour la Conscience de Krishna. Nous encourageons tout le monde à retourner dans sa demeure originelle, auprès de Dieu. Le lieu où nous avons l’intention d’aller s’appelle Goloka-Vrndâvana, la demeure de Dieu, la Personne Suprême, Krishna. Krishna est l’amant suprême, et Radhârâni est Sa compagne. Ici, dans le monde matériel, garçons et filles s’efforcent de jouir de l’amour, mais l’amour idéal unit Krishna et Radharani. On trouve la même chose ici-bas, mais pervertie.

Jaya râdhâ-mâdhava kunja-bihârî. Les échanges amoureux de Râdha et Krishna ont pour théatre les kunjas, les bosquets de Vrindavana. Krishna est appelé gopi-jana-vallabha, car Il est trés cher aux gopis et aux gopas. Les gopis sont des jeunes filles qui s’occupent des vaches, et les gopas sont les hommes et les garçons, qui font de même. Vrndâvana est un village: ce n’est pas une ville comme Los Angeles. C’est un village, et Krishna a toujours beaucoup de plaisir à s’y retrouver, au bord de la rivière Yamunâ (yamuna-tîra-vanacâri).

Il y a de trés beaux jardins sur les rives de la Yamunâ et si jamais il y a un danger… Bien sûr, dans le Vrindavana originel, il n’est pas question de danger. Mais quand Krishna descend sur notre planète, il  nous montre une réplique du Vrndavana originel. Cette réplique se trouve en Inde, à environ 140 kms de New Delhi. C’est exactement le même Vrndavana, mais parce qu’il est dans le monde matériel, parfois il semble qu’il y ait du danger. Aussi, quand Krishna était présent sur la terre, des menaces se présentaient parfois. ( En fait, il n’y avait pas de danger, car Krishna était là, mais il semblait y en avoir.)

Un jour il tomba des torrents de pluie pendant sept jours. Indra, qui a charge d’administrer tout ce qui touche à l’élément eau dans notre univers, s’était mis très en colère. Krishna avait en effet interdit aux garçons vachers d’adorer Indra, et ce dernier, très en colère, déversa des torrents de pluie sur Vrndâvana pendant sept jours consécutifs. Mais Krishna souleva immédiatement la colline Govardhana de Son petit doigt, tel un parapluie, et il protéga ainsi les habitants de Vrndavana. C’est pour cela que l’on appelle Krishna, Girivara-dhâri, Celui qui a soulevé la colline Govardhana. Bien que Krishna, en général jouât comme un enfant ordinaire, quand cela était nécessaire, Il manifestait Son pouvoir divin. Quand il fallut protéger les habitants de Vrndâvana, Il souleva une immense colline, bien qu’à cette époque Il n’eût que sept ans, selon nos calculs matériels.

Néanmoins, dans le Vrndâvana originel, il n’y a rien de semblable au courroux d’Indra, ou à quelque menace de torrent de pluie inondant les terres. Là-bas tout est félicité, transcendance et éternité. Dans le monde matériel, on n’a qu’un petit échantillon de ce bonheur, car tout ce qui existe ici n’est qu’une pâle imitation, une ombre de l’originel. Dans le désert, il semble parfois y avoir un vaste océan, alors qu’en fait il n’y a pas d’eau. Les animaux sont souvent trompés par un tel mirage.

Sur la photo ci-dessus, représentant un convoi de véhicules en plein désert,  le phénomène du mirage apparaît de façon éloquente: les véhicules semblent traverser une étendue d’eau alors qu’en fait la seule étendue traversée est celle du sable…..

Ils ont soif et pensent qu’il y a de l’eau dans le désert, et ils y courent. Les animaux courent et « l’eau » se déplace aussi. C’est ainsi que l’animal s’épuise et meurt.

Cet exemple illustre notre position dans le monde matériel. Nous sommes à la recherche d’eau, de plaisir. Nous avons soif, mais sommes fourvoyés par l’eau factice d’un mirage. Par exemple, quand je suis venu ici, des deux côtés de l’autoroute, je pouvais voir les manifestations d’une civilisation matérialiste: des centrales électriques, de grosses voitures, des lumières, des motels, et tellement d’autres choses. Les gens pensent que tout ceci va les soulager de la soif. Mais leurs efforts sont vains. Dans votre pays spécialement, tous les jeunes, la fleur de votre pays, sont frustrés. ( ndé: allusion faites ici aux grands nombres de jeunes qui à l’époque rejoignaient le mouvement hippie.)  C’est un fait, vous le savez bien, et je le sais aussi.

Où trouver l’eau?

Ce genre de mirage ne nous aidera pas. néanmoins, le fait que le mirage de l’eau existe indique que l’eau véritable existe quelque part. L’eau existe mais pas dans le désert. Dans le désert, le reflet de l’eau ne pourra étancher notre soif. Il nous faut rechercher cette eau véritable ailleurs que dans le désert.

Voilà l’information que le Mouvement pour la Conscience de Krishna donne: où trouver l' »eau » véritable, le véritable plaisir. Vous ne savez pas où trouver le vrai plaisir, comment votre soif peut être étanchée?

na te viduh svârtha-gatim hi visnum
durâshayâ ye bahir-artha-mâninah
andhâ yathândhair upanîyamânas
te ‘pisha-tantriyâm uru-dâmni baddhâh*

* (traduction: Les êtres hantés par le désir de jouir de l’existence matérielle, et ayant dès lors accepté pour maître ou pour guru un autre aveugle également attaché aux objets des sens, ne peuvent comprendre que le but de la vie consiste à retourner dans leur demeure originelle pour y servir Dieu, Visnu. De même que des aveugles guidés par un autre aveugle s’écartent du chemin et tombent dans un ravin, les hommes attachés à la vie matérielle qui se laissent guider par d’autres hommes eux aussi d’esprit matérialiste, se voient liés par les cordes très robustes de l’action intéressée et poursuivent sans fin leur existence matérielle, assujettis aux trois formes de souffrances.)

Aujourd’hui, on ne connaît ni son intérêt véritable, ni le but ultime de la vie. Tout le monde est par nature préoccupé par son intérêt personnel, mais personne ne sait quel est son véritable intérêt. Il n’y a pas d’enseignement sur le but de la vie (na te viduh). On essaie de se satisfaire, d’être heureux et prospère en manipulant l’énergie matérielle. On appelle cela bahir-artha-mâninah: « donner beaucoup d’importance au mode de vie matérialiste ».

Dieu possède de nombreuses énergies, spirituelles et matérielles. Parâsya shaktir vividhaiva shrûyate. Grâce aux Vedas, on comprend que le Seigneur Suprême a de nombreuses énergies. Et tout ce que l’on voit est une manifestation de Ses énergies. L’énergie électrique par exemple vient d’une centrale électrique et en utilisant cette énergie, on peut alimenter un chauffage, un frigidaire, ce micro, un magnétophone, etc… Tous ces appareils fonctionnent grâce à l’énergie qui vient de la centrale. De même, toutes les choses merveilleuses que vous voyez dans le monde ne sont que des interactions des énergies variées du Seigneur.

Un autre exemple: celui de la chaleur et de la lumière. Tous les savants comprennent que la manifestation cosmique dépend de la chaleur et de la lumière. Ces deux énergies viennent du soleil, et le monde matériel est une création de la chaleur et de la lumière du soleil.

De même, il y a deux énergies de Dieu, l’une est appelée l’énergie matérielle, l’autre, l’énergie spirituelle. Les deux viennent du même Esprit Suprême, exactement comme la chaleur et la lumière viennent du soleil. Mais, tout comme la chaleur n’est pas la lumière, l’énergie spirituelle n’est pas l’énergie matérielle. Il y a une différence. On appelle cette notion acintya-bhedâbheda-tattva, ou l’inconcevable simultanéité de l’homogénéité et de la variété. Voilà notre philosophie. Bien qu’il soit vrai que rien n’est différent de Dieu, il n’est pas vrai pour autant dire que tout est Dieu. Homogénéité et différence simultanées.

Ainsi, deux énergies existent, l’une matérielle, l’autre spirituelle. L’énergie spirituelle est supérieure et l’énergie matérielle inférieure. L’énergie matérielle est composée de terre, d’eau, de feu d’air, d’éther, d’énergie mentale, d’intelligence et d’ego. L’énergie spirituelle quant à elle constitue la force spirituelle, la force de vie. Chacun d’entre nous est une combinaison de ces deux énergies, l’énergie spirituelle et l’énergie matérielle. Il est facile de le comprendre. Aussitôt que l’énergie spirituelle a quitté le corps, qui n’est qu’une combinaison d’énergie matérielle, celui-ci devient une masse de matière inerte. Il est dit dans la Bhagavad-gita: yayedam dhâryate jagat. Le monde entier se meut pas la combinaison des énergies matérielle et spirituelle, qui ont la même source, tout comme la lumière et la chaleur proviennent du même soleil.

Bien que le monde matériel ne soit pas différent de Dieu, il n’est pas Dieu. Nous devons nous transférer de cette énergie matérielle à l’énergie spirituelle. Tel est le but de la vie humaine. La vie humaine est une forme de vie meilleure ou plus élevée, alors que celles des animaux, des arbres, des êtres aquatiques, des insectes, des reptiles sont infèrieures.



Catégories :La voie et la pratique du bhakti-yoga

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