Amour, sexe et illusion (6/6)

Une conversation entre 

Jagadananda das et Tristan Prévost

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T  H  È  M  E  S      A  B  O  R  D  É  S

VRINDAVAN, « LE ROYAUME DE L’AMOUR »       AU SUMMUM DE L’AMOUR
  KRISHNA, LE RÉSERVOIR SUPRÊME DE L’AMOUR REJOINDRE LA FAMILLE DE KRISHNA

SIXIEME  PARTIE

Vrindavan,  « Le royaume de l’amour »

Tristan Prévost : Si l’on ne trouve pas le véritable amour en ce monde, on peut se demander s’il existe vraiment …

Jagadananda :Oui le véritable amour existe ; on le trouve dans le monde spirituel, la royaume éternel du Seigneur Suprême et de Ses purs dévots. Le Chaitanya Charitamrta nous donne une description élaborée du monde spirituel. Il est constitué des planètes éternelles de Vaïkuntha. Ces planètes du monde éternel sont chacune de dimensions considérables -des millions, voire des milliards de kilomètres – et s’étendent à l’infini. Sur chacune d’entre elles, une émanation différente de Krishna réside. Krishna Lui-même possède Sa propre demeure originelle, éternelle, nommée Krishnaloka ou Goloka Vrindavan. D’entre toutes les planètes, Krishnaloka est la plus élevée.   C’est à Vrindavan (dont le Vrindavan, situé à 150 kms au sud de New Delhi où Krishna vivait il y a 5000 ans quand Il est descendu sur terre, est une réplique terrestre) que l’amour de Dieu se manifeste dans toute son ampleur. C’est là, et nul part ailleurs, que l’on peut contempler Dieu dans Sa forme la plus fascinante : celle de Shyamasundara (dont le corps à la couleur bleue sombre du nuage avant l’orage). C’est dans ce lieu unique et incomparable que le Seigneur Suprême avec Ses dévots manifeste les relations d’amour les plus intimes et les plus intenses qui soit.   Alors qu’à Vaïkuntha Krishna est adoré avec faste et vénération, sous la forme de Narayâna, en tant que Dieu, le Seigneur Suprême, à Vrindavan, Il apparaît dans une plus grande simplicité. Krishna est connu à Vrindavan comme Govinda et Gopal, «  le petit pâtre qui garde les vaches » et « l’ami intime des garçons vachers ». La simplicité de Vrindavan contraste avec l’apparat de Vaïkuntha et n’en est que plus sublime car elle favorise des échanges d’amour plus profonds et intimes entre le Seigneur et Ses dévots.   Cette forme du Seigneur connue sous le nom de Govinda représente la forme originelle et première de Dieu de laquelle toutes les autres formes émanent. C’est ce qu’affirme Brahma, le premier être créé de l’univers, dans ses prières de la Brahma-samhita offertes au Seigneur Suprême à l’instant de la création :

îsvarah paramah krishnah
sac-cid-ânanda-vigraha
anâdir âdir govindah
sarva-kârana-kâranam 

On nomme Krishna, mais aussi Govinda, le Seigneur Suprême. Son corps spirituel jouit d’une éternité, d’une connaissance et d’une félicité totales. Source de tout ce qui est. Il n’a d’autre origine que Lui-même, étant la cause première de toutes les causes.   Brahma-samhita 5.1

 J’adore Govinda, le Seigneur originel, qui joue de Sa flûte à merveille. Son visage rayonne de beauté et Ses yeux s’épanouissent comme des pétales de lotus ; Sa peau est bleutée comme les nuages, des plumes de paon couronnent Sa tête, Sa grâce indicible charme des millions de Cupidons.

J’adore Govinda, le Seigneur originel, qui toujours Se complaît dans des divertissements d’amour. Une guirlande de fleurs sauvages réhaussée d’un médaillon de lune se balance à Son cou, et des parures de joyaux ornent Ses mains, où dansent Sa flûte. Il Se manifeste éternellement dans la gracieuse forme de Shyâmasundara, qui dessine trois lignes courbes.     Brahma-samhita 5.30 et 31

« J’adore Govinda, ….qui se complaît dans des divertissements d’amour. » A Vrindavan, Krishna est le réservoir d’échanges d’amour extatiques. Il existe cinq sortes de relations d’amour (voir rasas) dont trois sont prédominantes à Vrindavan : la relation amicale, la relation parentale et la relation amoureuse. Sous l’action de yogamaya, à Vrindavan personne n’a conscience de la réelle identité de « Dieu Tout-puissant » de Krishna, comme sur les planètes Vaïkunthas.

Cette simplicité de Krishna à Vrindavan permet l’échange de sentiments d’amour beaucoup plus forts et intimes qu’à Vaïkuntha où Il est adoré dans l’opulence et la vénération. Le Seigneur a Sa propre famille et est ainsi appelé Nanda Nandana « le fils chéri de Nanda Maharaj » ou encore Yashoda Nandana « l’enfant adoré de Sa mère Yashoda » . Il a Son frère, Balarâma. Il échange des relations amoureuses avec les jeunes villageoises de Vrindavan est ainsi connu comme Gopinatha, « le suprême cupidon, qui enchante les gopis » et Radhika Ramâna « le bien-aimé de Radhika (Radharani est la plus importante d’entre toutes les gopis) ».

Tristan Prévost : Existe-t’il des descriptions détaillées de la demeure de Krishna, Vrindavan, dans les Ecritures védiques ?

Jagadananda : Oui, la Brahma-samhita, par exemple, que j’ai déjà cité, décrit Vrindavan, et ses descriptions sont captivantes. C’est un lieu éternellement spirituel. Les gopis y sont présentes. Elles sont les bien-aimées de Krishna. Les arbres de Vrindavan sont des arbres-à-souhaits. La terre est constituée de pierres cintâmani et l’eau est du nectar. Les paroles sont des sons musicaux et tous les mouvements sont de la danse. La planète Goloka Vrindavan qui brille de se propre lumière comme le soleil, est un lieu de pure félicité transcendantale. La perfection de la vie consiste à goûter à cette existence spirituelle. Pas un instant n’y est perdu – en d’autres termes, il n’y a ni passé, ni présent ni avenir. Le temps ni exerce aucune influence et les habitants ne connaissent ni vieillesse, ni mort.

Le Livre de Krishna, au chapitre 18, donnent d’autres descriptions paradisiaques de Vrindavan. On y trouve des chutes d’eau à foison , jamais taries ; si douce est leur rumeur qu’elle couvre le chant des grillons. La forêt demeure toujours verte et splendide car l’eau y coule partout. Dans les lacs de Vrindavan, bordés d’herbe verte, s’épanouissent diverses variétés de fleurs de lotus, et la brise transporte leur pollen aromatique. La rivière Yamuna, les lacs et les cascades projettent sur les habitants de Vrindavan une rafraîchissante poussière d’eau. Ainsi, ne connaissent-ils presque rien des désagréments de l’été.

La terre y est couverte de fleurs à tout moment de l’année. Il y existe diverses variétés de cerfs, dont le pelage semble décoré. A Vrindavan, les abeilles bourdonnent, les oiseaux chantent à toute voix et les paons dansent en jetant leur cri pendant que les coucous chantent sur cinq modes.

Tristan Prévost : Ces descriptions de Vrindavan sont tellement merveilleuses qu’elles donnent envie d’y aller…

Jagadananda : Oui, parfaitement, et tel est le but de l’existence. Le bonheur étant indissociable de l’amour, c’est à Vrindavan, le lieu où se manifeste, avec une intensité inégalée, l’amour de Dieu, que l’on peut atteindre au plus grand bonheur. Krishna a manifesté Ses divertissements il y a 5000 ans à Vrindavan (le Vrindavan terrestre en Inde qui est une réplique du Vrindavan du monde spirituel) afin d’attirer en Sa demeure éternelle les âmes conditionnées que nous sommes. Pour nous rappeler que nous n’appartenons pas au monde matériel, transitoire et misérable, mais, qu’en tant que parcelles spirituelles de Sa personne, nous sommes faits pour vivre dans le monde spirituel, éternel et rempli de félicité, en Sa compagnie merveilleuse. Avec Krishna nous pourrons enfin échanger des relations d’amour accomplies et satisfaisantes ; que ce soit en tant que serviteur du Seigneur, en tant qu’ami, en tant que père ou mère, ou en tant qu’amoureuse (gopis ou reines de Krishna).

Toute la pratique du bhakti-yoga a pour but de nous permettre de retrouver notre position originelle d’échanges d’amour parfaits et ceux-ci ne peuvent avoir lieu qu’avec le Seigneur et Ses purs dévots. Krishna est le réservoir de toute beauté ; personne dans tous les univers (spirituels comme matériels) n’est plus beau que Lui. C’est pourquoi il est appelé « Madana Mohâna » le Cupidon transcendantal. Il existe le Cupidon de ce monde (Kandarpa dans la tradition védique) qui plante ses flèches de convoitise dans le cœur des hommes et des femmes et les entraînent dans l’illusion de l’attraction charnelle, mais avec Madana Mohâna l’attraction est d’un ordre tout à fait différent et supérieur ; il s’agit de l’attraction de l’âme individuelle pour l’Âme Suprême.

Au summum de l’amour

Tristan Prévost : A propos de l’amour qu’échange Krishna avec les gopis beaucoup se méprennent sur la nature de cet amour ; en quoi diffère-t-il des échanges amoureux entre hommes et femmes de ce monde ?

Jagadananda : Il y a un gouffre de différences. Comme l’explique Krishna dans la Bhagavad-Gîtâ, ceux qui Le prennent pour un être humain ordinaire, ou même extra-ordinaire, font preuve d’une ignorance grossière et ne sont que des sots ( voir BG 9.11). De la même façon, croire que Ses échanges amoureux avec les gopis sont semblables aux échanges amoureux, d’ordre sexuel, que l’on retrouve entre hommes et femmes de ce monde constitue une grave méprise.

Il est important de comprendre que l’amour de ce monde matériel est fondé sur l’illusion ; il s’échange sur la base d’identifications corporelles fictives : « je suis un homme » , « je suis une femme ». Cette conception corporelle de l’existence trouve son fondement dans l’illusion de se croire le bénéficiaire légitime des plaisirs des sens : « cette femme existe pour mon plaisir », « cet homme existe pour mon plaisir ».

Cette illusion est renforcée par la promiscuité entre les sexes. C’est pourquoi dans la société du varnashram dharma, dont le fondement est la réalisation spirituelle, les relations entre les sexes sont soumises à une stricte régulation. Sur les quatre ashrams, seul le grihastha ashram (et là même, de façon régulée) a une relation intime avec le sexe opposé. Les membres des trois autres ashrams, quant à eux, s’astreignent à la maîtrise des sens.

Tristan Prévost : Pourquoi de telles restrictions ?

Jagadananda : Parce que la promiscuité débridée des sexes rend impossible la maîtrise des sens et du mental, et sans elle, non seulement sa progression spirituelle est entravée, mais de plus, on compromet sérieusement ses chances d’obtenir une bonne naissance dans sa prochaine vie, et que dire de mettre un terme définitif au cycle des morts et renaissances répétées en retournant à Dieu, Krishna, dans le monde spirituel.

Mais pour en venir à la question de Krishna avec les gopis, contrairement aux relations hommes et femmes du monde matériel, la relation amoureuse de Krishna avec les gopis, n’est pas fondée sur l’illusion mais sur la réalité. Krishna ne possèdent pas un corps matériel mais un corps spirituel. Autrement dit, contrairement aux âme conditionnées de ce monde, Krishna n’est pas différent de Son corps. Son corps est complètement spirituel « sac-cid-ananda ». Autrement dit, Son âme et Son corps ne font qu’un. Il en est de même pour les gopis et les reines de Krishna.

Ce point est fondamental à comprendre si l’on ne veux pas commettre la grossière méprise d’égaler les relations amoureuses de Krishna avec les gopis avec celles, à caractère sexuel, des hommes et des femmes de ce monde matériel.

La relation amoureuse dans le monde matériel s’exprime par le truchement des sens matériels grossiers ; elle revêt ainsi un caractère abject et avilissant, en tout cas pour l’être qui est élevé dans sa conscience spirituelle, et goûte ainsi aux échanges d’amour purement spirituels et transcendantaux de Radha et Krishna. Qu’est-ce que « faire l’amour » dans ce monde matériel, sinon s’efforcer d’extraire du plaisir d’un corps matériel, un sac de chair, d’os et de sang ?

Krishna ne connaît pas la concupiscence car Il est satisfait en Lui-même (âtmarâma). Autrement dit, Il ne se sent pas incomplet, et donc insatisfait, s’Il n’a pas la possibilité, comme un être humain ordinaire, de jouir de la compagnie d’une femme. Si le Seigneur échange des relations amoureuses avec les jeunes villageoises de Vrindavan c’est afin de réciproquer avec l’ amour et la dévotion incomparables qu’elles manifestent envers Lui. D’autre part, les gopis ne sont pas des femmes ordinaires, animées de désirs lubriques matériels. Elles sont situées aux antipodes de la femme, sexuellement attrayante et désirable, tel qu’on l’a conçoit au niveau matériel. Elles sont pourtant extraordinairement belles mais leur beauté ne suscite pas la concupiscence car elle est purement spirituelle et transcendantale.


Krishna, le réservoir suprême de l’amour

Pour le Seigneur et les gopis, Ses pures dévotes, dotés de corps spirituels, il n’y a aucune possibilité de ressentir un attrait pour les plaisirs charnels puisque leurs corps sont purement spirituels. Ils ne connaissent pas de pulsions et de convoitise charnelles.

Tristan Prévost : On est bien d’accord …, mais quand on lit le Livre de Krishna, il y est question de convoitise ; convoitise des gopis vis-à-vis de Krishna, et de Krishna vis-à-vis des gopis …..

Jagadananda  : En apparence seulement, car en réalité il s’agit d’amour pur. Par définition, comme le définit le Vedanta sutra, la Vérité Absolue est ce duquel tout émane. C’est ainsi que la relation amoureuse trouve son origine en Dieu, l’Être Suprême. Mais, contrairement à celle que l’on expérimente au niveau matériel, elle se manifeste sous une forme pure inaltérée. La relation amoureuse matérielle est altérée par l’égoïsme des amants, alors que dans la relation amoureuse de Krishna avec les gopis cet égoïsme est complètement absent ; les gopis ne recherchent qu’à plaire à Krishna et Krishna qu’à contenter les gopis. Il s’agit donc d’amour et non de convoitise. Autrement dit, il n’existe aucune trace d’amour sexuel entre Krishna et les gopis. Il y a ce fameux verset du Chaitanya Charitamrta qui définit clairement la différence fondamentale qui existe entre la convoitise « kâma » et l’amour de Dieu « prema » qu’anime les gopis :

On nomme convoitise [kâma] le désir de satisfaire ses propres sens, tandis que l’amour [prema] porte à combler les sens de Sri Krishna.   Voir Chait.C. Adi 4.165

Le quatrième chapitre de l’adi-lila du Chaitanya Charitamrta, dont est extrait ce verset, développe merveilleusement ce sujet (de l’amour pur des gopis pour Krishna et de Krishna pour les gopis) et je vous conseille vivement de le lire. Il n’est pas donné à tout le monde de comprendre ce sujet car il est de nature purement spirituelle et transcendantale. Mais en même temps, c’est un sujet captivant car il nous donne de comprendre ce que signifie la relation amoureuse dans sa plus haute acception. De plus, le dévot aspire intensément à participer à des échanges amoureux avec Krishna car il comprend que ses désirs amoureux ne seront comblés qu’au contact de l’Être Suprême, Krishna (1).

Tristan Prévost : Tout ce que vous dites est difficilement compréhensible pour le commun des hommes. Comment comprendre qu’on peut être entouré de jolies femmes comme Krishna l’est, sans être envahi de désirs concupiscents ?

Jagadananda : C’est en effet un sujet très sensible et délicat car très exposé au risque d’amalgame ; celui de comparer les échanges amoureux de Krishna avec les gopis avec ceux de la sexualité grossière et concupiscente que l’on connaît dans ce monde. On ne doit aborder ce sujet qu’à travers l’intermédiaire d’un maître spirituel qualifié et des Ecritures vaishnavas authentiques.

Seul un dévot pur et avancé spirituellement peut être à même de le comprendre. C’est pourquoi le sujet de l’amour de Krishna avec les gopis n’est jamais discuté en public par les dévots. Il est même rarement discuté entre dévots car rares sont ceux qui ont développé les qualités nécessaires à sa compréhension.

Une fois tout cela précisé, il faut bien comprendre que Krishna n’est pas une personne ordinaire ; il est Dieu, l’Être Suprême. Il est totalement vain et stupide d’essayer de Le comparer avec nous.

Par exemple, lorsque Krishna était présent sur terre il y a 5000 ans, Il n’a pas seulement échangé des relations amoureuses avec les gopis de Vrindâvan, mais aussi, quand Il a quitté Vrindâvan, Krishna est devenu roi à Dvârakâ où Il a épousé 16 108 reines.

Qui peut marier autant de femmes ? Toutes étaient d’une beauté merveilleuse, dotées de grandes qualités morales et dévouées au plaisir du Seigneur. Leur amour pour Krishna et leur désir de Le servir était si fort que bien que chacune des reines, dans leurs palais respectifs, bénéficia de l’assistance de nombreuses servantes pour les aider dans leurs tâches quotidiennes, elles tenaient, quand Krishna rentrait au palais, à Le recevoir personnellement. Elle Lui offrait un siège agréable, en Lui rendant un culte avec tout le faste requis, en lavant Ses pieds-pareils-au-lotus, en Lui offrant des noix de bétel, en massant Ses jambes pour les soulager de la fatigue, en L’éventant pour qu’Il Se sente bien, en Lui offrant toutes sortes de pulpe de santal, d’huiles et d’aromates délicieusement parfumées, en Le parant de guirlandes de fleurs, en Le coiffant, en Lui demandant de s’allonger sur un lit et en L’aidant à prendre Son bain. Chacune des reines servait constamment et en tout point le Seigneur, et surtout lorsqu’Il mangeait. Telles sont les descriptions que l’on retrouve dans le Livre de Krishna.

Tristan Prévost : Marié à tant de femmes, comment Krishna pouvait-Il combler chacunes d’entre-elles ?

Jagadananda  : Bien qu’elles étaient 16 108 épouses mariées au même mari, Krishna, chaque reine n’avait pas à attendre un temps infini avant de pouvoir jouir de sa présence. Non, car chaque jour Krishna était présent au côté de chacune d’entre elles. Comment cela était-il possible ? Le Seigneur Se multipliait en autant de formes qu’il y avait de reines. En fait, il n’y rien d’étonnant à cela, sachant que Krishna est Dieu et qu’Il Se multiplie déjà sous Sa forme de Paramâtma, l’Âme Suprême, dans le cœur de chaque être vivant.

Rejoindre la famille de Krishna 

Tristan Prévost : Je ne doute pas que ce sujet soit intéressant pour vous, comme pour d’autres dévots, mais je dois vous avouer qu’il est, en ce qui me concerne, plutôt éloigné de mes principaux centres d’intérêt.

Jagadananda : Telle est, avec tout le respect que je vous dois, la nature de votre infortune  – de n’être pas intéressé par ce sujet des échanges amoureux de Krishna avec Ses dévots.

Tristan Prévost : Pourquoi dites-vous que c’est « mon infortune » ?

Jagadananda : Parce que ce sujet du plus haut amour qui puisse exister (l’amour de Krishna pour Ses dévots et de Ses dévots pour Krishna), devrait intéresser, voir captiver, chacun d’entre nous, et malheureusement, pour la plupart d’entre nous, il n’en est rien. Et pourtant, l’amour nous concerne tous, et tous nous le recherchons en vain, vie après vie. Et le Seigneur, dans Sa grande miséricorde nous invite a participer à des relations d’amour incomparables avec Lui et Ses compagnons éternels mais nous ne sommes pas intéressés !..Que dirions-nous d’un misérable mendiant qui refuserait une fabuleuse somme d’argent, offerte par un richissime bienfaiteur, pour le sortir de sa misère ? Nous ne le comprendrions pas et le traiterions de fou et d’insensé.

Nous sommes aussi insensés vis-à-vis de Krishna que ce malheureux mendiant vis-à-vis de son bienfaiteur. Autant un mendiant est démuni au niveau matériel, autant le sommes-nous au niveau intérieur (spirituel). Et pourtant nous refusons l’offre de notre Bienfaiteur suprême, Dieu, Sri Krishna ; la chance incomparable de combler toutes nos aspirations à aimer pleinement et à connaître un bonheur parfait, et cela, pour l’éternité. Cette opportunité, Krishna l’offre à chacun d’entre nous, pourquoi ne pas la saisir ?

Tristan Prévost : Rares sont ceux qui, lorsqu’ils entendent parler de l’amour de Krishna, de la pratique du bhakti-yoga, se sentent vraiment concernés. Je crois que cela tient au fait qu’ils ne réalisent pas, comme vous le dites, qu’ils vivent dans un désert intérieur. Ils se contentent de peu et vivent comme en surface d’eux-mêmes.

Jagadananda : Oui, en effet, de peu …et pour peu de temps ! Car l’amour matériel, fondé sur les seuls liens corporels, est détruit par le temps et la mort. L’amour de Krishna, quant à lui, n’est pas affecté par le temps et annihilé par la mort, il est éternel.

Si le Seigneur Krishna, il y a 5000 ans, est descendu sur terre, à Vrindâvan, et a manifesté Ses divertissements d’amour divin – et, est revenu il y a 500 ans sous la forme du Seigneur Chaitanya Mahaprabhu -, c’est dans le but de nous inviter à rejoindre Sa famille de purs dévots. Krishna est venu pour nous rappeler cette vérité première :

« Vous tous qui cherchaient l’amour et le bonheur, sachez qu’il n’existe pas ici, dans le monde matériel, car ce monde est temporaire et parsemé de souffrances. Si vous voulez vraiment être heureux et connaître des relations d’amour authentiques, venez à Moi, et rejoignez Ma famille spirituelle, Je vous comblerai. Soyez en sûr, car vous et Moi, bien que vous l’ayez oublié, sommes intimement liés. Il ne tient qu’à vous, à travers la pratique du service de dévotion , sous l’égide d’un maître spirituel authentique, de rétablir ce lien d’amour. N’attendez-plus, rejoignez donc Ma famille – la famille de Krishna. En tant qu’âmes spirituelles, parcelles éternelles de Ma personne, Ma famille est aussi la vôtre. Je vous attends. Ne perdez plus un instant. Et bientôt nous serons ensembles, réunis pour une vie éternelle, remplie de connaissance et de félicité. »

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1) Ces « échanges amoureux » intensément désirés par le dévot sont ceux que l’on retrouve plus spécifiquement à Vrindavan dans la relation amicale, parentale ou amoureuse avec Krishna.



Catégories :Sexe et principes régulateurs

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