Les hommes-insectes

fin-des-marques-sur-le-tour-de-france.jpg

Chaque année, au moment du Tour de France, je ressens la même exaspération. Voir des êtres humains, –  alors que la forme humaine est si précieuse pour atteindre à la réalisation spirituelle – donner tant de leur personne pour zéro profiit (spirituel) est très affligeant.De plus, c’est un mystère pour personne,  tous pratiquement sont drogués pour réaliser le Tour de France.

 Pour dire la vérité,  je trouve même que ces cyclistes ressemblent plutôt à des insectes qu’à des êtres humains. Je me suis demandé – alors que tant d’autres se pressent sur les bords des routes pour les acclamer  -,  s’il n’exista pas sur le net quelqu’un qui partageât  aussi mon point de vue. Et surprise! Je suis tombé sur un poème assez éloquent et plutôt expressif sur le sujet… comme le laisse supposer d’entrée le titre : “Des étranges insectes”. Il faut préciser toutefois que le texte ne concerne pas le Tour de France, en particulier, mais plus généralement les cyclistes “à l’esprit compétition”  accoutrés en “concurrents du Tour de France”, et d’autre part, que je ne cautionne pas la fin (sur la chasse aux cyclistes).

Des étranges insectes

Juchés sur des membres raides et colorés, ils avancent…

COLONISER02 - art-sophie-bouchet.com Lorsqu’on entend leur halètement discret dans une côte aride, on sait qu’ils arrivent, ils vous dépasseront doucement sans vous voir, les yeux glauques et fixes regardant droit devant eux.
Qu’ont-ils donc à ne pas vous voir, vous qui les dévisagez avec un mélange de peur ou d’hostilité, ou d’admiration devant leurs efforts qui vous semblent vains ? Qu’ont-ils donc de plus que vous ?

arthropodes-48ecf Oui, ils paraissent venir d’un autre monde et pourtant ils vous ressembleraient presque… Ressembleraient ? Comment ai-je pu penser une telle horreur alors que leur image me donne la nausée ? Oh ! S’ils n’avaient pas cette tête difforme, en pointe des deux côtés ! Si leur sueur, spécialement à cette époque estivale, si leur sueur donc ne brillait pas sur ce qui paraît des tempes héroïques et des jambes flasques imberbes ! Mâles et femelles ils se suivent. Avant, seuls les mâles osaient s’aventurer dehors, mais maintenant…

Mondoshawan - Le cinquième élément - icollector.comLe bas de leur corps, si j’ose dire, crisse sur les cailloux de la route et le moindre gravier volatile pourrait les jeter à terre en quelques secondes… Derrière le premier, un autre suit, et un autre, et un autre, comme des chenilles en procession, je dirais en pèlerinage si j’osais les casque-cycliste-vtt-zoomcomparer à des pèlerins, à des humains…

Certains sont verts, d’autres rouges, d’autres jaunes, mais toujours avec cette tête affreuse, ces yeux glauques, ce regard fuyant  presque hautin au croisement d’un virage. J’en ai vu rarement tomber; ils semblent indestructibles sur une route sèche,
cétoine verte-jaune - micropolis-aveyron.com ils avancent sans un grognement ni une expression amicale ; je dirais que mon chien leur donnerait des leçons de courtoisie…

Mais qui sont-ils ? Et que font-ils ainsi alors que chacun d’entre nous souhaite se jeter sur le premier verre venu et faire la sieste en cette saison ? Non, eux ils glissent sur les routes avec une souffrance contenue et placide ; Casque cycliste - photo du netmais ils ne  s’arrêtent pas, ils ne vous voient pas, vous  n’existez pas… On aurait envie de leur crier aux oreilles ; aux oreilles ? Comme s’ils avaient des oreilles cachées sous ces pointes difformes qui brillent au soleil ?

On aurait envie de leur crier que nous sommes là, que nous existons nous, que nous ne sommes pas indifférents à ce qui se passe autour de nous, nous… Mais non, ils avancent en rampant sur leur membres circulaires qui crissent sur la route. Ils avancent, en haletant… Leurs jambes sont noueuses… leurs bouches sont béantes…

De temps en temps, un d’entre eux sort quelque chose d’étrange de ses membres inférieurs et le porte à sa tête dont on devine les yeux sous des carapace brillantes et translucides comme des miroirs. Ils grouillent davantage en juillet, on ne sait pourquoi. Peut-être pour la saison des reproductions ?

51lkZ8GFHfL._SL500_AA300_.jpg Bizarrement, au détours d’une montagne, ils se massent sur eux-même et filent beaucoup plus rapidement dans la descente qui suit, comme s’ils pesaient deux ou trois fois moins leur poids par magie ; je n’ai jamais vraiment compris…

De temps à autre, on en aperçoit un différent, comme avant, je dirais, à l’ancienne, sans ces pointes difformes,, : un mutant, une sorte de mutant, un franc-tireur. Il regarde derrière lui de la manière lorsqu’on fait un mauvais coup et qu’on a peur des gendarmes. Tiens donc !

 Quelquefois, ils portent leur petit sur leur dos, un peu à l’exemple des kangourous mais à l’envers, et le petit possède déjà cette méchante tête aux bords pointus, quelle tristesse ! Il n’y peut rien !

C’est surtout le dimanche ou les jours

fériés qu’ils sortent, un peu à la façon des escargots les jours de pluie. Ils ont du capter que les humains les laisseraient davantage aller ces jours-là, parce qu’ils sont plus détendus et que la messe adoucit les moeurs probablement.

S’ils se reproduisent trop, on les verra sortir la nuit à la pleine lune et on les chassera peut-être tels des loup-garous, je m’en réjouis d’avance. S’il y faut un permis et s’acheter un calibre 12, je serai dans les premiers et je demanderai à la mairie :
– Combien pour un permis de chasse ?
– Chasse à quoi ?
– Ben aux cyclistes, enfin !

Poème de  Dominique BIOT

EPILOGUE :

Le don précieux de la forme humaine

( Extrait de L’extase de servir Krishna Chapitre 8  )

 

Selon les Vedas, la forme humaine est particulièrement destinée à la réalisation spirituelle et représente pour l’être vivant une opportunité unique d’atteindre à la libération (mukti). C’est pourquoi le premier aphorisme du Vedanta-sutra stipule «  »athāto brahma jijñāsā »: « A présent (que l’on a obtenu une forme humaine), le temps est venu de s’enquérir de la Vérité Absolue ».     

Malheureusement, la quasi-totalité des hommes dans cet âge de Kali, sont inconscients du privilège unique que représente la forme humaine. Dans cet âge d’infortune, l’être humain devient une proie facile pour mâyâ, l’énergie d’illusion du Seigneur. Ainsi, perd-il conscience de la valeur unique du temps, et devient-il versé dans l’art de gâcher celui-ci. La société des loisirs lui en fournit mille et une opportunités. Que ce soit à travers les jeux vidéos, les sports, la télévision, les films, l’internet, la musique, la lecture de romans, magazines, journaux, etc….Les opportunités ne manquent pas! Srila Bhaktisiddhanta avait l’habitude de dire que la société actuelle, fondée sur la recherche du plaisir des sens, était composé de deux sortes d’hommes,   » les trompeurs et les trompés » . Autrement dit, dans la société actuelle, un véritable jeu de dupes se joue. Le domaine des loisirs, par exemple, en est une trés belle illustration et le domaine des jeux vidéos en particulier. Les concepteurs de jeux vidéos travaillent ardemment à l’élaboration de jeux, toujours et encore plus captivants pour les joueurs, alimentant toujours et encore plus chez eux, la fièvre du jeux. Et ainsi, « un jeux réussi », est un jeu auquel le joueur devient vite trés attaché (et même souvent « accro », surtout avec les jeux en réseau), et s’immerge totalement dedans, jusqu’à en perdre même la notion du temps. Mais qu’on en ait conscience ou pas, le temps s’écoule, et notre précieuse vie humaine avec, et ce qui est certain, en tout cas, est que la société des loisirs a occulté la valeur du temps.

 Dans l’âge actuel, l’âge de Kali, le domaine des sports est un autre domaine dans lequel l’homme excelle à gâcher son temps et par là même, sa vie humaine (2) . Ainsi, dans la sphère du football, peut-on voir communément des « êtres humains » passer plus de vingt ans de leur vie sur un terrain de football à courir après un ballon, ( et certains sont même grassement payés pour cela) et d’autres « êtres humains », passer un temps considérable, dans les tribunes ou devant la télévision, à les regarder courir, attendant fièvreusement l’instant suprême où le ballon gagnera le fond du filet. Tout cela est particulièrement pathétique lorsque l’on sait qu’il aura fallu des millions d’années à tous ces êtres avant d’atteindre la forme humaine, et que parvenus finalement à celle-ci, ils ne trouvent rien de mieux que de consacrer tellement de  temps à courir, ou à regarder les autres courir, après un ballon ! Tout cela est certainement dû à l’action âvaranâtmikâ de mâyâ, laquelle a pour fonction de recouvrir l’intelligence des êtres vivants (3) .



Catégories :Pour une société éclairée

3 réponses

  1. salut

    je te souhaite un bon début de semaine

    J'aime

  2. Haribol!! Grandioses ces harinams dans la ville, et dans le métro !!! jay! amitiés simon

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :