La société moderne est une société barbare

  
  

Jagadananda : La société moderne est une société barbare.

Tristan Prévost: Comment pouvez-vous affirmer une telle chose ?

Jagadananda : Elle envoie quotidiennement, et cela à travers le monde, des millions d’animaux se faire massacrer dans les abattoirs industriels, juste pour le plaisir de la langue, et personne n’y trouve rien à redire. Dans ce genre de société, les gens ne contrôlent pas leurs  sens , et en particulier leur langue, et simplement à cause de cela des millions d’animaux sont cruellement tués chaque jour sur la planète. C’est pourquoi on dit d’une telle société, qui cherche à satisfaire ses sens sans discrimination et sans retenue, qu’elle est une société barbare.

Récemment, alors que je roulais en voiture, je me suis retrouvé derrière un gros camion qui était rempli de centaines de petits lapins gris que l’on conduisait à l’abattoir. Alors que je ressentais de la compassion pour ces pauvres créatures, en même temps la colère montait en moi et je me disait: : »Quelle société cruelle et barbare ! Pour le seul plaisir de la langue on n’hésite pas à massacrer des créatures aussi mignonnes et attendrissantes que ces petits lapins gris ! Et que dire aussi des milliers de veaux dont la chair est si appréciée, – si mignons et adorables eux aussi-,  et qui sont arrachés à leurs mères pour être envoyées dans les abattoirs sans que personne ne s’en émeuve. Et tant d’autres encore! Cette société n’a pas de coeur, elle n’est même pas civilisée, c’est une société barbare !”(1)

Tristan Prévost: Certains diraient que vous êtes trop sentimental. C’est vrai, tout cela est peut-être un peu dur, mais il faut bien se nourrir après tout…

Jagadananda : D’abord, on peut très bien se nourrir sans viande. Il existe des millions de végétariens à travers le monde entier. Ils sont la preuve vivante que l’on peut très bien vivre sans viande. D’autre part, le fait d’être contre l’abattage animal, ce n’est pas une simple question de sentiments, c’est aussi une question de connaissance spirituelle. La Bhagavad Gita nous informe que nous tous, – les êtres vivants-, sommes des  âmes spirituelles . Cette âme spirituelle transmigre, selon son karma, dans tel ou tel corps (aquatique, végétal, animal, humain, etc…), à travers ses vies successives. Quand on comprend le principe de la réincarnation, on comprend, qu’en essence, tous les êtres sont égaux. C’est ce qu’explique la Bhagavad Gita : pandita sama darshina, le véritable  érudit (pandita) est celui qui voit tous les êtres  d’un oeil égal . Il ne fait pas de discrimination entre les êtres humains et les autres êtres vivants. Il ne pense pas d’une façon égocentrique et perverse:  » Je suis un être humain, je suis supérieur à un animal. Je suis donc en droit d’en disposer comme bon me semble, et notamment comme nourriture. Après tout, il n’est qu’un être inférieur. « 

Ceux qui pensent ainsi n’ont aucune connaissance spirituelle, ils sont ignorants. Ils ne connaissent rien notamment de la science de la réincarnation telle qu’énoncée par Krishna dans la Bhagavad Gita, et en conséquence ils font preuve d’une mentalité discriminatoire vis-à-vis des autres êtres vivants. Cette ignorance les pousse à être très cruels envers les animaux. C’est ainsi qu’ils n’hésitent pas, pour le seul plaisir de leur langue, à ébouillanter vivant toutes sortes de créatures: homards, langoustes, crabes, moules et divers autres mollusques marins, etc… Ces divers créatures marines, ils les regroupent sous l’appellation euphémiste de « fruits de mer »,  comme pour mieux dissimuler l’horrible réalité : ils infligent de terribles souffrances à d’autres êtres vivants, leur ôtent violemment la vie, pour le simple plaisir de leurs papilles gustatives.

Mais ce qu’ils ne savent pas est que les lois sont ainsi faites dans le monde matériel : le bourreau d’aujourd’hui est la victime de demain. C’est ce que l’on appelle la loi du karma. Selon celle -ci, tuer sans nécessité un animal est condamnable et engendre du « mauvais karma ». Ce mauvais karma nous conduit à revêtir une forme animale dans notre vie suivante pour subir à notre tour les souffrances que nous avons infligé à l’animal. C’est la roue des samsaras (la roue des morts et des renaissances) qui conduit les êtres, sous l’effet du karma, à revêtir vie après vie, différents vêtements corporels parmi les 8 400 000 espéces.

Selon cette loi, rien ne garantit que dans notre prochaine vie  nous pourrons jouir de la forme humaine, surtout si nous commettons des actions coupables. Il existe quatre sortes d’activités coupables définies dans les Écritures Védiques : les jeux de hasard, l’intoxication, la consommation de chair animale et le sexe illicite.

Tristan Prévost: Mais les gens vous diront : « Tout cela est très bien, mais cela concerne vos propres croyances religieuses – en l’occurrence l’hindouisme -, mais quant à moi, je suis chrétien/juif/musulman et mes croyances sont différentes. Dieu a mis les animaux, qui n’ont pas d’âme,  au service de l’homme pour qu’ils leur servent de nourriture et je n’ai pas de mal à le croire car leur chair est si bonne. « 

Jagadananda : Comment peut-on dire que les animaux n’ont pas d’âme ? C’est une grossière ignorance d’affirmer une telle chose. L’âme est qualitativement identique chez tous les êtres vivants, c’est uniquement l’enveloppe corporelle, le corps matériel, dans lequel cette âme est incarnée qui change.

Quelle que soit votre appartenance religieuse, chrétienne/juive/musulmane, Dieu reste le Père de tous les êtres vivants  et en tant que tel, ne saurait tolérer aucune cruauté envers eux car le Seigneur considère tous les êtres vivants de façon égale. Dans la Bible par exemple il est dit  » tu ne tueras point », comment expliquer alors que les chrétiens soient si sanguinaires dans leur comportement alimentaire ? Quant aux musulmans et aux juifs, ils se montrent avec leurs rituels soi-disants religieux,  halal et kasher, encore plus inhumains (2). Quant à la Bhagavad-gita, Krishna déclare clairement qu’Il est le Père de tous les êtres vivants : aham bīja-pradah pitā.

D’autre part,  vous semblez fonder votre critère de choix de nourriture sur le goût et la tendresse de la chair animale. Si, en terme de nourriture, votre critère est celui -ci, pourquoi ne pas choisir alors la chair humaine, qui est selon ce que l’on dit, meilleure et plus tendre encore?

Tristan Prévost: Mais ils diront : « Vous n’y pensez pas, c’est horrible ! »

Jagadananda : Je vois, votre conscience vous l’interdit. C’est très bien. Mais que vous dit votre conscience dans le cas du massacre animal dans les abattoirs? Pourquoi reste-elle si silencieuse ? Ce terrible exemple de la chair humaine nous montrent clairement que le plaisir de la langue comme critère de choix de nourriture est la cause de tant de tueries. On ne peut fonder son choix sur le seul plaisir de sa langue et plus largement parlant, le seul plaisir des sens. Notre existence doit être guidée par des principes de vie supérieurs.  Seuls les animaux sont conduits par leurs impulsions. Un être humain, contrairement à l’animal, doit user de discrimination. C’est ainsi qu’il se refusera à causer inutilement de la souffrance aux autres êtres vivants.

Tristan Prévost: Vous dites que l’on ne doit pas chercher le plaisir de la langue est-ce à dire que l’on doit manger sans plaisir?

Jagadananda : Non pas du tout, quand on mange du  prasadam (nourriture végétarienne consacrée offerte à Krishna) notre sens du goût devient très vite purifié et l’on perd naturellement tout attrait  pour la viande, mais aussi l’alcool, les “fruits de mer”, etc… et  en échange on développe le goût pour nombre de préparations végétariennes sublimes.

On parlait de discrimination précédemment et tel est le privilège de la forme humaine. Le réel privilège de l’être humain par rapport à l’animal, est que ce dernier ne peut d’aucune façon rétablir sa conscience et son amour de Dieu, quand l’être humain en a  toutes les capacités. Malheureusement, dans la société moderne actuelle, l’homme n’est pas éduqué dans cette conscience spirituelle dévotionnelle et le résultat est que la société actuelle est barbare et cruelle.

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(1) L’’homme actuel est fier d’avoir progressé de l’état primitif des hommes des cavernes jusqu’à la civilisation moderne présente. Mais quel est son progrès ? Avant, l’homme allait chasser pour survivre, quand  l’homme actuel, pour le simple plaisir de ses papilles gustatives et alors qu’une grande variété d’autres nourritures lui est proposée, à créé les abattoirs industriels modernes où des milliers d’animaux sont massacrés à la chaîne. Il a ainsi augmenté considérablement sa capacité productive de viande, mais dans le même temps, même si son ignorance l’empêche de le comprendre, son karma négatif (ses actions coupables) s’est énormément alourdi et il a ainsi gravement compromis ses chances d’avoir une vie futur heureuse et paisible .

D’autre part Srila Prabhupada définit clairement dans Solutions pour l’âge de fer ce qu’est réellement une société évoluée et civillisée: “L’être humain véritablement civilisé, lui, connaît l’art de préparer des mets nutritifs à partir du lait. Dans toutes les communautés rurales de notre Mouvement pour la Conscienoe de Krishna, nous faisons des centaines de produits laitiers, tous merveilleux les visiteurs s’étonnent toujours de voir qu’on peut obtenir tant de préparations délicieuses à partir du lait. Le sang de la vache est certes très riche en matières nutritives, mais l’être humain civilisé en bénéficie sous forme de lait. Le lait, en effet, n’est rien d’autre que le sang de la vache, transformé. On peut en tirer tant de sous-produits: du yogourt, du fromage, du ghi… Et en les mélangeant à des céréales, à des fruits et à des légumes, on obtient ainsi des centaines de préparations. Voilà ce qu’on entend par civilisation, et non tuer directement un animal pour dévorer sa chair. »

Solutions pour l’âge de fer (P.45)

(2) lire à ce propos dans retour-a-krishna :

Rituels halal et casher: une barbarie sanguinaire

ANNEXE A L’ARTICLE:

« Tu ne tueras point ».

Srila Prabhupada: Il faut accepter telles quelles les prescriptions scripturaires et pas seulement les passages qui nous conviennent. Comment peut-il être question d’amour de Dieu si on ne peut même pas suivre un commandement aussi essentiel que: « Tu ne tueras point? »

Un invité: Les chrétiens considèrent que ce commandement ne s’applique qu’aux humains, non aux animaux.

Srila Prabhupada: Voulez-vous dire que le Christ n’avait pas assez d’intelligence pour utiliser le mot juste, qui est « meurtre »? Il y a « tuer » et « assassiner »; ce dernier mot s’applique plus particulièrement aux humains alors que « tuer » s’applique à tous les êtres, et plus spécifiquement aux animaux. Si Jésus avait voulu interdire le meurtre seulement, il aurait utilisé le mot « assassiner »… On peut toujours interpréter les mots à sa manière, mais le sens direct du commandement est fort clair. « Tu ne tueras point » signifie: « Toi, chrétien, tu ne donneras pas la mort. »

Père Emmanuel: Mais alors ne peut-on dire que manger les plantes revient également à tuer?

Srila Prabhupada: La philosophie vaishnava enseigne qu’on ne doit pas même tuer les plantes sans nécessité. Par ailleurs, Krishna dit, dans la Bhagavad-Gita (9-26): « Que l’on M’offre avec amour et dévotion une feuille, une fleur, un fruit, de l’eau, et cette offrande, Je l’accepterai. » Nous n’offrons à Krishna que les aliments qu’Il demande et nous ne mangeons nous-mêmes que les reliefs de cette offrande. Si d’offrir une nourriture végétarienne à Krishna était mauvais, c’est Lui qui serait en faute, pas nous. Mais Dieu est apapaviddha, Il ne saurait être atteint par le péché… Manger de la nourriture offerte au Seigneur, c’est comme, pour un soldat, tuer en temps de guerre. Lorsque le chef des armées ordonne de passer à l’attaque, celui qui obéit et tue les ennemis se gagnera un titre de gloire. Mais que ce même soldat tue un être humain pour son propre compte, et il sera condamné. De même, manger le prasadam (la nourriture d’abord offerte à Krishna) ne nous rend coupable d’aucune faute. Ce que confirme la Bhagavad-Gita (3.13): « les dévots du Seigneur sont affranchis de toute faute, parce qu’ils ne mangent que des aliments offerts en sacrifice. Mais ceux qui préparent des mets pour leur seul plaisir ne se nourrissent que de péché. »

Père Emmanuel: Krishna ne peut-Il parfois autoriser la consommation de chair animale?

Srila Prabhupada: Oui, dans le règne animal. Mais l’être humain civilisé, l’être humain religieux, ne saurait tuer et manger les animaux. Cessez de tuer les animaux, chantez le Saint Nom du Christ et votre vie sera parfaite… Je crois que les prêtres chrétiens doivent oeuvrer avec le Mouvement pour la Conscience de Krishna. Ils doivent chanter le nom du Christ, ou « Kristos », et cesser de tolérer qu’on abatte les animaux. Ces enseignements sont en accord avec ceux de la Bible, ils ne sont pas de mon invention. Agissez ainsi et vous verrez alors la condition universelle changer.

Solution pour l’âge de fer (pp. 113-116)

liens importants:

le goût sublime



Catégories :Pour une société éclairée, Végétarisme

2 réponses

  1. Un peu dur cet article!

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