Les prières d’abandon du roi Mucukunda

Dans le Livre de Krishna, au chapitre 50,  on retrouve les très belles prières d’abandon au Seigneur Krishna du roi Mucukunda . Qui était le roi Mucukunda (prononcer Moutchoukounda)? Le Livre de Krishna dit :

Le roi Mucukunda était né dans la très illustre famille du roi Iksvaku, à laquelle appartient aussi Sri Ramacandra. Son père se trouvait être le grand roi Mandhata. Lui-même était une grande âme, célébrée sous le nom de Mucukunda. Le roi Mucukunda suivait strictement les principes védiques et l’on pouvait se fier à sa parole d’honneur. Telle était sa puissance que même Indra et d’autres devas majeurs lui demandaient assistance dans leur lutte contre les asuras; ainsi avait-il affronté ceux-ci à plusieurs reprises pour protéger les devas». Le chef de l’armée des devas, Karttikeya, appréciait beaucoup les qualités guerrières du roi Mucukunda, mais un jour, estimant qu’il avait eu son lot de peines dans la lutte contre les asuras, il lui demanda de prendre du repos, et d’abandonner le champ de bataille….

Le roi Mucukunda se retira alors dans une caverne pour y prendre un très long repos, et c’est là, après diverses circonstances que le Seigneur Krishna se trouva face à face avec lui.

Le roi Lui offrit alors de très belles prières qui traduisent sa grande lassitude par rapport à l’existence matérielle et son désir de  réel abandon aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur Suprême Krishna. Les voici :

«O Seigneur, ô Personne Suprême, tous les êtres sur cette planète subissent l’illusion de Ton énergie externe et sont envoûtés par la satisfaction illusoire qu’apportent les plaisirs des sens. Pris tout entiers en des actes liés à l’illusion, ils sont réticents à vouer leur adoration à Tes pieds pareils-au-lotus; inconscients des bienfait qu’on tire de s’abandonner à Tes pieds pareils-au-lotus, ils doivent subir les conditions misérables de l’existence matérielle. Comme des insensés, ils s’attachent aux liens sociaux, à l’amitié et à l’amour illusoires de ce monde, d’où ne viennent que calamités. Saisis par l’illusion de Ton énergie externe, tous, hommes et femmes, s’attachent à l’existence matérielle: ils s’appliquent à se tromper les uns les autres au jeu universel des trompeurs et des trompés. Sots qu’ils sont, ils ignorent ce que représente d’avoir obtenu forme humaine et dédaignent en conséquence d’adorer Tes pieds pareils-au-lotus. Sous l’influence de Ton énergie externe, ils s’attachent au miroitement des actes matériels, comme des animaux tombés dans un puits noir». Par les champs, on trouve de nombreux puits laissés à l’abandon et couverts de longues herbes. De pauvres animaux, qui ne les ont pas sentis, y tombent, et à moins qu’on les en repêche, y trouvent la mort. Fascinés par quelques brins d’herbe, ils sont tombés dans un trou noir. De même, les insensés, ignorant l’importance de la forme humaine, la gâchent pour rien de mieux que le plaisir des sens, et meurent stupidement, inutilement.

«O Seigneur, je ne fais pas exception à cette loi universelle. Je suis l’un de ces pauvres d’esprit qui ont perdu leur temps pour rien. Et peut-être ma situation est-elle même plus difficile: étant de l’ordre royal, je suis davantage bouffi d’orgueil. Un homme ordinaire croit posséder son propre corps ou sa famille; moi, dans le même esprit, mais à une autre échelle, je croyais pouvoir être le maître du monde et je tirais orgueil de mes idées de plaisir sensoriel; j’accrus ainsi dans mon esprit le concept corporel de l’existence. Mon attachement au foyer, à l’épouse, aux enfants, à l’argent et au pouvoir sur le monde ne connaissait pas de bornes. Je ne quittais pas la pensée des conditions matérielles d’existence.

«O Seigneur, j’ai donc dilapidé ma précieuse existence, sans jamais en retirer aucun bienfait. J’ai même tenu ce corps matériel, ce sac de chair et d’os, pour le commencement et la fin, j’étais devenu vaniteux comme un chien qui croit régner sur les hommes. Toujours poussé par mes idées fausses sur l’existence, je partis voyager à travers le monde, escorté de mes forces —soldats d’infanterie, chars, éléphants et chevaux. De nombreux généraux m’entouraient et, infatué de ma puissance, je ne pouvais retrouver Ta Grâce, l’Ami le plus intime, qui Se tient toujours en mon coeur. Non, je l’avais guère souci de Toi, et telle était la faille de ce que je croyais ma haute condition matérielle. Comme moi, les êtres n’ont guère en général souci de la réalisation spirituelle et l’angoisse les ronge sans cesse: «Que faire? De quoi demain sera fait»? Mais si fortement les attachent leurs désirs matériels qu’ils persistent dans leur folie.

«Sans doute, nous pouvons nous absorber en des pensées matérielles, mais le temps inéluctable —forme de Ta Personne— n’oublie pas son devoir, et quand se sont écoulées les heures qui nous furent allouées, Ta Grâce met le mot fin sur tous nos rêves. En tant que facteur temps, Tu mets un terme à nos actes, comme un grand serpent noir affamé qui dévore sans clémence un rat insignifiant. Par le temps cruel, mon corps royal, toujours paré d’or et sur un char tiré par de merveilleux chevaux, ou sur le dos d’un éléphant carapaçonné d’or, ce corps qu’on disait roi parmi les hommes, se décomposera, deviendra la pâture des vers, des insectes ou d’autres bêtes, se changera en leurs excréments, ou en cendres. Vivant, le corps peut être beau et plaisant, mais la mort venue, même celui d’un roi sera ou bien dévoré, et changé en excréments, ou brûlé, et changé en cendres, ou enseveli dans la terre, et transformé là en vers et en insectes.

«O Seigneur, le temps inéluctable n’a pas sur nous seulement l’autorité qui donne la mort. Il règne, différemment, tout au long de notre existence: roi puissant ayant conquis le monde, je peux, de retour dans mon royaume, être défait par diverses conditions matérielles. Tous les rois soumis m’offrent leurs respects, et j’entre triomphalement dans mon palais en fête; mais aussitôt dans les appartements profonds, je deviens un instrument dans les mains des reines et par soif de plaisir pour les sens, je tombe aux pieds des femmes. L’existence matérielle est si complexe qu’avant d’en connaître les jouissances, il nous faut travailler dur, si dur que les occasions même du plaisir se font rares à l’extrême. Pour connaître une jeunesse toute pleine de facilités matérielles, puisque cela ne s’obtient que sur les planètes édéniques, il faut se plier à de sévères austérités. Et même né au sein d’une famille très riche, ou royale, on doit constamment veiller à maintenir les vertus royales, et se préparer pour la vie suivante en accomplissant diverses sortes de sacrifices et en se livrant à des actes de charité. Même un roi connaît l’anxiété, non seulement pour l’administration de ses sujets mais aussi par le puissant désir d’être élevé aux planètes édéniques.

«Il est donc bien difficile d’échapper à l’empiègement de la matière, mais celui qui d’une façon ou d’une autre connaît, par faveur, Ta miséricorde, aura, par elle seule, l’occasion d’entrer en contact avec un pur bhakta. Et tel est le premier pas hors des filets de l’existence conditionnée. O Seigneur, ce n’est que par la compagnie des purs bhaktas que Ta Grâce nous prend au piège, ô Maître, du monde matériel et du monde spirituel. Tu es le But ultime de tous les purs bhaktas, et à leur contact on peut réveiller son amour assoupi pour Toi. La conscience de Krsna, cultivée au contact des purs bhaktas, est la force qui délivre des pièges de la matière.

«O Seigneur, Ta miséricorde est si grande que malgré le dédain que j’avais pour la compagnie de Tes dévots magnanimes, Tu m’as montré Ton extrême miséricorde à la suite du bref contact que j’ai eu avec le pur bhakta Gargamuni. C’est Ta miséricorde immotivée qui m’a fait perdre toutes mes richesses, mon royaume et ma famille. Sans elle, jamais je n’aurais pu m’affranchir de tous ces pièges. Rois et empereurs acceptent une vie d’austérité pour parvenir à oublier le confort de leur existence princière, mais Ta miséricorde immotivée m’a déjà enlevé de la condition royale. Les autres rois, par les peines du renoncement, se donnent grand mal pour trancher leur attachement au royaume et à la famille; moi, par Ta grâce, je n’ai pas eu à devenir mendiant ou à pratiquer le renoncement.

«O Seigneur, ma prière est de pouvoir m’absorber dans le sublime service de dévotion offert à Tes pieds pareils-au-lotus, car ce service est l’ambition même de Tes purs dévots, affranchis de toute souillure matérielle. Tu es Dieu, la Personne Suprême, et Tu peux me donner tout ce que je désire, y compris la libération. Et quel est l’insensé qui T’ayant satisfait Te demanderait quelque nouveau piège matériel? C’est pourquoi je m’abandonne à Toi, Seigneur Suprême, Ame Suprême sise dans le coeur de chacun et Radiance du Brahman impersonnel. Tu es aussi cet Univers matériel, simple manifestation de Ton énergie externe. Ainsi, quel que soit le point de vue, de chacun Tu es le Refuge suprême. Tous les êtres, au niveau matériel ou spirituel, doivent prendre refuge sous Tes pieds pareils-au-lotus. Je me soumets à Toi, ô mon Seigneur. Au long de très nombreuses vies, j’ai enduré les trois sources de souffrance propres à l’existence matérielle, et j’en suis maintenant las. J’ai simplement agi sous la poussée de mes sens et jamais je n’ai connu la satisfaction. Je prends donc refuge sous Tes pieds pareils-au-lotus, source de toute paix, joie dissipant les tristesses engendrées par la souillure matérielle. O Seigneur, Tu es l’Ame Suprême en chacun, et Ton savoir n’a donc pas de limites. Me voilà désormais affranchi de la souillure des désirs matériels. Je ne veux plus jouir de ce monde, non plus que je désire me fondre dans Ta radiance spirituelle ou méditer sur Ton aspect «localisé», le Paramatma, car je sais qu’à simplement prendre refuge auprès de Toi je connaîtrai la paix parfaite».



Catégories :Les plus belles prières

4 réponses

  1. de belles prières, un roi intelligent au service de Dieu .
    lire ses prières me rends humble.
    si seulement je pourrai faire autant, reconnaitre ma faiblesse, moi aussi je suis fatigué de cette existence insipide…
    alors quand viendra ce temps ou je m’abondonnerai corps et âme au seigneur suprême ?

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  2. D’autant plus insipide dans cet âge terrible de kali…
    Mais aussi d’autant plus de raisons de s’abandonner complètement au Seigneur Suprême.

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    • quelquefois c’est bien et meme une misericorde de souffrir pour realiser que nous sommes etranger à cette vie de gratification de sens ….et puis par chance on s’abandonne au seigneur une fois pour toute .

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  3. Oui c’est une miséricorde du Seigneur car on réalise la nature néfaste de la gratification des sens et on devient alors plus sincère.

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