Non violence et respect des animaux

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Un aperçu des bases morales du végétarisme

« Ma mère était convaincue, et j’ai gardé à cet égard ses convictions, que tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est l’une des plus déplorables et des plus honteuses infirmités de la condition humaine; que c’est une de ces malédictions jetées sur l’homme par l’endurcissement de sa propre perversité. Elle croyait, et je crois comme elle, que ces habitudes d’endurcissement du coeur à l’égard des animaux les plus doux, ces immolations, ces appétits de sang, cette vue des chairs palpitantes, sont faits pour férociser les instincts du coeur. »

Lamartine

L’enfer des abattoirs

Chaque année, environ 134 millions de mammifères et 3 milliards d’oiseaux sont tués en Amérique à des fins alimentaires. Mais rares sont ceux qui établissent consciemment le rapport entre cette tuerie et la viande qui compose leur menu. En voici un exemple pertinent: une publicité à la télévision nous montre un clown – Ronald Mc Donald – informant les enfants que les hamburgers poussent dans des carrés de terre réservés à cette fin. La vérité n’est pas si rose: les abattoirs commerciaux sont de véritables enfers. Les animaux hurlant, étourdis à l’aide de coups de marteaux, de décharges électriques ou de pistolets automatiques, se voient hissés dans l’air par les pattes et acheminés sur des convoyeurs dans ces usines de la mort. Souvent, on leur tranche la gorge et on les dépèce encore vivants.

Décrivant sa réaction lors d’une visite à l’abattoir, le champion de tennis Pater Burwash écrit dans son livre A Vegetarian Primer: « Je ne suis pas une personne sensible et timide. J’ai joué au hockey jusqu’à ce que j’en aie perdu la moitié de mes dents. Un grand esprit de compétition m’anime sur le court de tennis… Mais cette visite à l’abattoir m’a bouleversé. En sortant, je savais que je ne ferais jamais plus de mal aux animaux! Je connaissais tous les arguments physiologiques, économiques et écologiques en faveur du végétarisme; mais ce fut cette expérienoe de la cruauté des êtres humains envers les animaux qui m’a convaincu de la nécessité d’être végétarien. »

La Grèce et la Rome antiques

Les considérations éthiques et morales ont de tout temps attiré de nombreuses personnalités au végétarisme. Pythagore, célèbre pour ses contributions à la géométrie, disait: « O mes frères, ne souillez pas vos corps d’aliments impurs. Nous sommes pourvus de maïs, de pommiers qui ploient sous le poids des pommes et de raisins qui gonflent sur la vigne. Il y a des fines herbes, des légumes qu’on peut cuire et ramollir sur la flamme, sans oublier le lait et le miel. La terre nous procure de vastes richesses, d’immenses réserves d’aliments purs, et nous offre des banquets qui ne requièrent aucune effusion de sang ou tuerie. Seules les bêtes apaisent leur faim avec de la chair, et encore pas toutes puisque les chevaux, le bétail et les moutons se nourrisent d’herbe. » Le biographe Diogène nous apprend que Pythagore mangeait du pain et du miel le matin et des légumes crus le soir. Il payait aussi les pêcheurs pour qu’ils rejettent leur pêche à la mer.

Des carcasses sur la table

Dans un de ses essais, l’auteur romain Plutarque écrit: « Peut-on vraiment se demander pourquoi Pythagore s’abstenait de toute chair? Quant à moi, je me demande par quel accident et dans quel état d’esprit était le premier homme qui porta du sang à sa bouche et posa ses lèvres sur la chair d’un cadavre, qui plaça sur sa table des carcasses et osa appeler aliments et nourriture les organes des animaux qui, quelque temps auparavant, beuglaient, hurlaient, remuaient et vivaient. Comment ses yeux purent-ils contempler le carnage de ces gorges tranchées, de ces peaux écorchées et de ces membres arrachés? Comment son nez a-t-il supporté l’odeur nauséabonde? Comment est-il possible qu’au contact des plaies, des sucs et sérums coulant des blessures mortelles, ses papilles gustatives n’aient pas vomi une telle horreur? Ce ne sont certes pas des lions ou des loups que nous tuons en légitime défense; au contraire, nous ignorons ceux-ci et tuons des créatures inoffensives et apprivoisées qui n’ont ni dard ou dents pour nous blesser. Pour un morceau de chair, nous les privons de soleil, de lumière, de leur droit à la vie. »

Il présenta ensuite le défi suivant aux mangeurs de chair animale: « Si vous affirmez être naturellement conçus pour un tel régime, tuez d’abord vous-mêmes ce que vous désirez manger en faisant appel à vos propres ressources, sans couperet, gourdin ou hache. »

De Vinci, Rousseau, Tolstoï…

L’illustre Léonard de Vinci résuma ainsi l’approche morale au végétarisme.: « Celui qui n’apprécie pas la vie ne la mérite pas. » Il décrivait le corps des mangeurs de viande comme un « lieu de sépulture », un cimetière pour les animaux qu’ils mangent. Ses carnets de notes sont remplis de passages illustrant sa compassion pour les êtres vivants: « Un nombre incalculable d’animaux sont séparés de leurs petits, qui seront cruellement abattus. »

Le philosophe français Jean-Jacques Rousseau s’intéressait aux sciences naturelles. Il constata que les animaux carnivores étaient généralement plus cruels et plus violents que les herbivores. Il en déduisit que le végétarisme rendrait les gens plus compatissants. Il recommanda même qu’on ne permette pas aux bouchers de témoigner devant les tribunaux ou de faire parti d’un jury.

Ne plus manger de chair

Le poète Shelley fut un végétarien engagé. Dans son essai intitulé A Vindication of Natural Diet, il écrivait: « Que les partisans de l’alimentation carnée se forcent à une expérience concluante sur le bien-fondé d’un tel régime et, comme le recommande Plutarque, qu’ils déchirent un agneau encore vivant avec leurs dents et, plongent leur tête dans ses organes vitaux, se désaltèrent dans le sang fumant… Seulement alors seront-ils en accord avec leurs convictions. » L’intérêt de Shelley pour le végétarisme s’éveilla alors qu’il étudiait à Oxford; sa femme Harriet et lui l’adoptèrent peu de temps après leur mariage. Dans une lettre datée du 14 mars 1812, sa femme écrivait à une amie: « Nous avons renoncé à la viande pour adopter la pensée pythagoricienne. » Shelley décrit, dans son poème La Reine Mab, un monde utopique où les êtres humains ne tuent pas les animaux à des fins alimentaires.

 » … jamais plus désormais
Tuera-t-il l’agneau qui le regarde
Pour dévorer monstrueusement sa chair en lambeaux,
Qui, vengeant encore la loi violée de la Nature,
Alluma toutes les humeurs putrides dans son corps,
Et toutes les passions funestes, toutes les vaines croyances,
La haine, le désespoir et le dégoût dans son esprit,
Les germes de la misère, du crime, de la maladie et de la mort. »

Pacifisme végétarien

L’auteur russe Léon Tolstoï opta pour le végétarisme en 1885. Renonçant à la chasse, il préconisa le « pacifisme végétarien » et s’opposa à ce que l’on tue les êtres même les plus insignifiants: la fourmi par exemple. Il croyait qu’une progression naturelle de la violence aboutissait inévitablement à la guerre au sein de la société humaine. Dans son essai The First Step, Tolstoï écrit que la consommation de chair animale est « absolument immorale, puisqu’elle implique un acte contraire à la morale: la mise à mort ».’Tolstoï estime qu’en tuant, « l’homme réprime inutilement en lui-même la plus haute aptitude spirituelle – la sympathie et la pitié envers des créatures vivantes comme lui – et qu’en violant ainsi ses propres sentiments, il devient cruel. »

Une alimentation naturelle

Le compositeur Richard Wagner considérait que toute vie est sacrée. Il voyait dans le végétarisme une « alimentation naturelle », qui pouvait sauver l’humanité de ses tendances à la violence et nous aider à réintégrer le « Paradis perdu depuis longtemps ».

La destinée de la race humaine

L’écrivain américain Henry David Thoreau écrit dans Walden ou La Vie dans les bois. « N’est-ce pas une honte que l’homme soit un animal carnivore? Il est vrai que dans une grande mesure, il peut vivre – et il le fait – en ayant comme proie les autres animaux, mais ce mode de vie est bien misérable, comme l’apprendra quiconque prendra au piège des lapins ou tuera des agneaux. Celui qui enseignera aux hommes à s’en tenir à une alimentation plus saine et inoffensive sera considéré comme un bienfaiteur de sa race. Quel que soit mon régime personnel, je suis convaincu que la destinée de la race humaine est appellée, dans son évolution graduelle, à cesser de se nourrir de chair animale, de la même façon que les tribus sauvages ont cessé de s’entredévorer au contact d’êtres plus civilisés. »

Le Vingtième Siècle

I1 va de soi que Gandhi, l’apôtre de la non-violence du vingtième siècle, était un végétarien. Ses parents, de pieux Hindous, ne le nourrirent jamais de viande, de poisson ou d’oeufs. Sous le régime britannique, les coutumes et les principes antiques de la culture indienne furent grandement menacés. Sous de telles pressions, de nombreux Indiens adoptèrent l’alimentation carnée de l’Occident. Même Gandhi devint la victime des conseils de ses camarades de classe, qui le poussèrent à manger de la viande sous prétexte que cela augmenterait ses forces et son courage. Mais, retournant plus tard au végétarisme, il écrit. « Il faut corriger la méprise selon laquelle le végétarisme nous a rendus faibles d’esprit, passifs ou inactifs. Je ne juge pas les aliments d’origine animale nécessaires à aucun stade. » Auteur de cinq livres sur le végétarisme, Gandhi se nourrissait quotidiennement de germes de blé, de pâte d’amandes, de légumes verts, de citron et de miel. Il fonda « Tolstoy Farm », une communauté basée sur les principes du végétarisme. Dans son livre Moral Basis of Vegetarianism, il écrit: « Je soutiens que l’alimentation carnée ne convient pas au genre humain. Nous avons tort d’imiter les animaux si nous leur sommes supérieurs. » Il estimait que les principes éthiques supportent plus fermement un végétarisme à vie que les raisons de santé: « Je crois que l’évolution spirituelle exige, à un certain stade, que l’on cesse de tuer nos frères les animaux pour la satisfaction de nos désirs corporels. »

Se nourrir de cadavres

Le dramaturge Ceorge Bernard Shaw s’efforça d’adopter le végétarisme dès l’âge de vingt-cinq ans. « Shelley fut le premier à me faire réaliser la barbarie de mon régime alimentaire », écrit-il dans son autobiographie. Ses docteurs l’avertirent que son alimentation végétarienne le tuerait. On lui demanda, lorsqu’il fut vieux, pourquoi il ne retournait pas les voir pour leur montrer les bienfaits qu’il en avait retirés. Il répondit: « Je voudrais bien, mais ils sont tous décédés depuis des années. » Quelqu’un lui demanda un jour: « Comment se fait-il que vous paraissiez si jeune? « Au wntraire, rétorqua-t-il, je fais mon âge. Ce sont les autres qui paraissent plus vieux que leur âge. Que peut-on espérer de gens qui ne se nourrissent que de cadavres? »

Pour souligner le rapport entre la consommation de chair animale et la violence qui règne dans la société humaine, Shaw écrit: « Nous prions le dimanche qu’une lumière
Vienne éclairer notre sentier;
Nous sommes las de combattre, dégoûtés de la guerre,
Mais nous savourons des êtres assassinés »

La fermeture du dernier abattoir

L’auteur H.G. Wells traite du végétarisme dans sa vision d’un monde de l’avenir intitulée A Modern Utopia: « On ne trouve aucune viande dans toute l’Utopie, ce qui n’était pas le cas jadis. Mais aujourd’hui, on ne peut supporter l’idée des abattoirs. Dans une population instruite, où tous jouissent d’un même niveau de raffinement physique, il est presque impossible de trouver quelqu’un qui découpe un boeuf ou un porc mort… Je me souviens encore des réjouissances qu’occasionna la fermeture du dernier abattoir. »

Nous sommes tous des créatures de Dieu

Le prix Nobel de littérature Isaac Bashevis Singer se fit végétarien en 1962, à l’âge de cinquante-huit ans. « Naturellement, dit-il, je regrette d’avoir attendu si longtemps, mais mieux vaut tard que jamais. » Il constate que le végétarisme est très compatible avec le mysticisme judaïque qu’il pratique. « Nous sommes tous des créatures de Dieu. Quelle contradiction que d’implorer la miséricorde et la justice du Seigneur tout en continuant à manger la chair d’animaux abattus pour nous. » Quoiqu’il apprécie le côté santé du végétarisme, il précise que la considération morale s’avère de toute première importance: « Même s’il était prouvé que l’alimentation carnée est bonne pour la santé, je ne l’adopterais pas pour autant. »

Les justifications intellectuelles en faveur de la consommation de chair animale exaspèrent Singer. « Divers philosophes et chefs religieux cherchent à convaincre leurs disciples et partisans que les animaux ne sont que des machines sans âme et dépourvues de sentiments. Or, quiconque a déjà cohabité avec un animal, fût-ce un chien, un oiseau, voire une souris, sait qu’une telle théorie est un mensonge audacieux, inventé pour justifier la cruauté. »

Cet article est extrait d’un site québécois: Le goût sublime

Un lien intéressant : Pourquoi devrait-on être végétarien?



Catégories :La voie et la pratique du bhakti-yoga, Pour une société éclairée, Végétarisme

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